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Prince du Fleuve Congo
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18 décembre 2007

System SOPEKA

RDC : Quand la SOPEKA devient un mode de gouvernance...

SOPEKA = Sombela Ngai, Pesa Ngai, Kabela Ngai
Illustration de l'article

(Par Désiré Katompa & Benjamin Stanis Kalombo)

La SOPEKA est le diminutif de SOmbela ngai, PEsa ngai, KAbela ngai (Achètes pour moi, donnes-moi, offres-moi). Ce terme est une des multitudes trouvailles kinoises qui stigmatise un comportement constaté chez certaines personnes irresponsables et vénales. Il consiste à vivre aux crochets des autres, de leur générosité et de la naïveté de son entourage...
La SOPEKA n'est pas de la prostitution, mais bien pire que ça. C'est une forme de mendicité combinée à du marchandage et quelque chose d'abject qu'on nomme de l'escroquerie. Les personnes qu'on traite de SOPEKA se reconnaissent par un train de vie injustifié, un besoin incontrôlable de flatter, de s'approcher des autres, de nouer des contacts, toujours dans le but de jouir sans semer. Une fois démasquée, cette personne change de milieu afin de continuer à exercer sa sale besogne.

Que donne la SOPEKA comme mode de gouvernance?

La SOPEKA utilisée comme mode de gouvernance donne un gouvernement qui fait des projets sans se soucier le moins du monde de la façon dont il va les financer comptant toujours sur l'aide extérieure. Cela donne: un gouvernement qui lance des chantiers sans avoir au préalable prévu leurs coûts, ni les voies et moyens pour les financer; c'est aussi un gouvernement qui lance des hostilités en ayant ni une armée formée et aguerrie, ni les moyens matériels pour soutenir le conflit, ni un vrai service des renseignements fiables,...

Le cas du Congo - Kinshasa

Le Congo-Kinshasa est dirigé sous le règne de la SOPEKA depuis des années. On n'y a jamais vu un budget équilibré, les recettes ne couvrent jamais les dépenses. Plutôt que de chercher à diminuer le train de vie de l'État et de réfléchir aux mécanismes pouvant augmentés ses recettes, le projet du gouvernementaux tout comme celui de l'opposition repose toujours sur le phénomène de la SOPEKA: « la communauté internationale va nous aider, nous soutenir, nous offrir [SOPEKA] ». Et pourtant, personne ne peut nier le fait qu'il y a moyen de se faire beaucoup d'argent au Congo. En effet, les opérateurs économiques étrangers prennent des gros risques pour y arriver et la plupart d'entre eux réussissent. Pendant ce temps, nos responsables politiques du pouvoir, et ceux de l'opposition considèrent les richesses naturelles du sol et du sous-sol comme des simples appas de séduction des « bailleurs » des fonds afin que la « SOPEKA » perdure, « SOPEKA esala » : « qu'ils achètent pour nous, nous donnent et nous offrent des cadeaux et des Matabiches… »

En outre, certains éminents analystes congolais, dont des professeurs d'universités conseillent vivement à nos hommes politiques de garantir les intérêts des bailleurs de fonds s'ils veulent avoir une chance d'accéder au pouvoir dans leur propre pays. Que cache ce concept, si ce n'est la perpétuation de l'enrichissement des prédateurs au détriment de l'Etat et du peuple congolais. Personne ne trouve à redire quand le gouvernement congolais octroie des exemptions des taxes et d'impôts aux étrangers qui acceptent d'investir au Congo. Et pourtant tout le monde se plaint de la qualité des services administratifs. Se faisant, on oublie la relation de causalité qui entre ces deux situations (cet avec l'argent des taxes et d'impôts que l'état finance son administration!!!!). Toute cette situation explique le paradoxe vécu par le Congo, un état riche en matière première mais qui vit de l'aumône venant de l’institution de Bretton Woods, de l'aide au développement et du soi-disant troc des temps moderne (contrat chine-rdc). SOPEKA
Le gouvernement congolais est de ce fait incapable de trouver les recettes nécessaires au bouclage de son propre budget.
Mais pourquoi en serait-il autrement puisque ces responsables politiques, ces intellectuels et ce peuple n'ont jamais vu une gestion de l'Etat sous un autre prisme que selon le mode de la SOPEKA?

Une autre illustration de la gouvernance en mode SOPEKA se retrouve dans la gestion de la défense nationale. Il est évident que la formation d'une véritable armée républicaine est fondamentale afin d'imposer la paix dans tout le pays, de protéger l'intégrité territoriale et d'y garantir la stabilité, gage du progrès socio-économique. Mais hélas! Qu'avons-nous vu depuis 1997? Tergiversation injustifiée, aucune politique responsable pour mettre en place une armée digne de ce nom. Toutes les pistes mises sur la table par les Experts congolais sont rejetées avec ou sans arguments. Les seuls projets appliqués sont ceux qui proviennent des bureaux d'études occidentaux avec un plan de financement garanti par la communauté internationale. Ces projets sont acceptés par le gouvernement congolais, simplement parce que sa contribution est purement symbolique. Ce dernier n'honore quasi jamais sa part du contrat. Quand nous interrogeons les responsables politiques congolais, la réponse est toujours la même: « nous n'avons pas d'argent ! Il vaut mieux les laisser faire, puisque c'est eux qui payent ». Et pourtant, l'armée est une institution essentielle et garante de la souveraineté d'un Etat. Si nous confions sa gestion, son financement, sa modernisation et l'encadrement de ses troupes aux étrangers, pouvons-nous encore prétendre que le Congo est indépendant?

Nous pouvons vous confirmer que lors du passage du chef d'état major générale de la FARDC, le Lieutenant-général Dieudonné KAYEMBE à Bruxelles fin septembre 2007, tous ses interlocuteurs de la communauté internationale lui ont clairement signifié qu'ils ne financeront au Congo qu'une armée dont la principale mission serait le maintien de la paix, noble objectif! Mais peut-on nous citer une seule armée au monde qui soit pacifiste? « Si tu veux la paix, prépare la guerre », dit un adage Romain. Comment faire face à des agressions armées intérieures ou extérieures si son armée est réduite à une force de police et de gendarmerie. Le maintien de la paix est une de la fonction de la police pas d'une armée. Comment préparer la guerre si son armée est financée entre autres par son ancienne puissance coloniale, ses prédateurs, ses potentiels ennemis et/ou futurs envahisseurs (Angola, Rwanda, Ouganda, Congo-Brazza, Gabon, Namibie, Zimbabwe, Afrique du Sud...)?
La logique de la communauté internationale est compréhensible, puisque les fonds qui servent à former l'armée congolaise proviennent du budget des forces de maintient de la paix la MONUC et de la coopération internationale. Ces fonds sont dégagés pour permettre à termes, dès que les troupes congolaises seront jugées prêtes, à désengager les casques bleus de la Monuc qui coûtent très chers (quelques milliards de dollars par an). C'est avec ces troupes de maintient de la paix en formation que Joseph Kabila a lancé son offensive décisive contre les 4.000 irréductibles Nkundistes, qui eux ne sont pas du tout formés pour maintenir la paix, mais bien pour faire la guerre et conquérir des territoires au Congo. Le résultat de cette aventure guerrière du raïs congolais ne peut étonner que ceux qui ignorent les rudiments de l'art de la guerre. Les FARDC, incapables de livrer bataille face à l'ennemi, tournent ses armes lors de la débandade contre les civiles qu'ils sont censée protégé d'où les cas de pillage, viol et massacres des populations civiles que tout le monde déplore.

Une fois que l'échec militaire s'est avérée cuisante, le premier réflexe du responsable politique congolais, adepte de la SOPEKA, est de prendre son bâton de pèlerin pour faire le tour des pays dits « amis » afin d'y solliciter de l'aide : « Venez défendre nom territoire et y mourir pour moi, s'il vous plait. Je vous donnerai tout ce que vous voulez, même des territoires entiers. Vous savez le Congo est très grand et très riche…». Comme nous l'avions dit au début, la SOPEKA marche tant que vous n'avez pas encore été démasqué. En lisant la réponse négative de l'Angola, nous en déduisons que notre gouvernement des SOPEKA a été démasqué. Ce refus catégorique est accompagné d'un conseil tellement évident qu'on se demande pourquoi personne n'y a pensé autour du raïs congolais et de son Premier Ministre avant de lancer cette offensive décisive à grand renfort médiatique? Nous citons en guise d'illustration les propos tenus par le chef d'état-major général adjoint de l'armée angolaise (FAA) le général Geraldo Sachipengo Nunda face à son homologue congolais le Lieutenant-général Dieudonné Kayembe : "Ce qu'il faut, c'est de continuer à former les troupes, parce que la manière la plus sûre pour qu'un pays résolve son problème de stabilité, c'est de créer les meilleures conditions pour que ses forces armées soient capables de faire face à toute menace". (Matière de première année de toute académie militaire du monde)
Quand on sait que Mr Dieudonné Kayembe, Lieutenant-général de son état, diplômé de la célèbre académie militaire de la République française le Saint Cyr, bénéficiant d'une expérience réelle dans l'armée depuis Mobutu, il y a de quoi réellement s'inquiéter si une telle évidence ne lui a pas traversé l'esprit avant de lancer son armada de policiers sur Laurent Nkunda, misant sur le nombre pour vaincre, 25.000 hommes contre 4000 soldats aguerries et conquérant soit 5 contre 1...

Par ailleurs, en examinant minutieusement la façon dont le Congo est géré depuis un an, il nous est triste de constater que cette pratique vile de la SOPEKA constitue la règle de gouvernance de ce pays. Les fameux 5 chantiers du chef de l'état ne proposent nullement la création des richesses dans ses objectifs. Tous ces chantiers sont de la pure consommation des richesses que le Congo n'a pas. Le raïs congolais mise en réalité sur la solidarité internationale et l'éternelle fausse générosité des bailleurs de fonds: « Achètes-moi l'autoroute », « offres-moi des centres médicaux », « construis-moi des écoles pour mes enfants», « donnes-moi de l'eau et de l'électricité, s'il vous plait»... Affligeant!

Vu l'absence des réels projets de développement, les 50 milliards des dollars que la Chine compte investir en RDC risquent fort d'amplifier cet état d'esprit la « SOPEKA » dont les conséquences seront certainement désastreuses en termes macro et micro-économiques. Ce contrat lie chaque congolais avec les Chinois pour 30 ans ! Il y a de quoi s'arracher les cheveux de la tête, face à tant d'irresponsabilités et de manque de dignité. Il n'est pas étonnant que certains congolais affirment que le ver est dans le fruit face aux échecs militaires répétitifs des FARDC. Mais chez culturek.net, nous pensons que l'explication est beaucoup plus simple que la présomption de haute trahison. Nous sommes face à la manifestation la plus aveuglante de l'incompétence au plus haut niveau de l'Etat congolais.

De ce qui précède, l'opinion doit se demander si la pratique de la SOPEKA est l'apanage du gouvernement ou des politiciens du pouvoir? Le peuple est-il épargné? L'opposition est-elle concernée? A chacun de se faire une religion, de réfléchir et d'y répondre en âme et conscience. N'oublions jamais que « chaque peuple a les dirigeants qu'il mérite ». Que faut-il de plus pour que les congolais comprennent qu'il y a un sérieux problème de Leadership et de compétence? La gouvernance en mode SOPEKA ne produira jamais des résultats positifs pour qui que ce soit dans ce pays. Si nous voulons que le Congo aille de l'avant, nous avons le devoir d'en finir avec cette vision erronée de la gouvernance à "la congolaise". Ainsi, chaque congolais doit faire de la lutte contre la SOPEKA une priorité des priorités et se prendre réellement en charge. C'est le seul et l'unique chantier national pour les 4 prochaines années.

Désiré Katompa & Stanis K

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A
Samedi passé, nous avons eu "Portes ouvertes". Un parent qui travaille à la DGI a fait un exposé dans la classe de son enfant. Abordant la question du budget, il a affirmé que le budget du Katanga, soit 40% des recettes de cette province puisque les 60 % sont versés au gouvernement central, a atteint 3 milliards de dollars pour l'exercice en cours.<br /> Le Katanga est troisième pôle économique du pays après Kinshasa et Bas-Congo.<br /> Si l'on fait un calcul mental rapide, cela veut dire que Kinshasa a encaissé 4.5 milliards de cette province. Pourquoi le budget national n'atteind pas cette proportion ? Où est passé l'argent de cette seule province qui aurait couvert tout le budget ???<br /> Je ne cesserai de répéter que la DGRAD seule a permis à Kabila Laurent-Désiré de supporter les réformes jusqu'à battre la monnaie dans un contexte d'isolement international sans précédent. Pourquoi cette régie est négligée aujourd'hui alors que ses percepteurs continuent d'importer gros cylindrés ?<br /> Je n'ose pas trop m'attarder sur ce sujet car la révolte que cela engendre ne sert pas à avancer. Je continue à remuer ciel et terre, écrire, parler et conscientiser jusqu'à ce qu'un jour quelqu'un entende ma voix, nos voix car nous sommes nombreux à ne pas approuver cette déchéance morale.<br /> Alphonse-Marie
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